L’architecte et l’urbaniste partagent fréquemment un point de vue similaire dans leur approche du métier. En effet, l’un et l’autre interprètent, conçoivent et innovent afin d’améliorer les espaces de vie de demain.
Par ailleurs, en quelques années, les notions d’écologie sont devenues incontournables dans ces métiers et offrent, par la même occasion, de nouveaux arguments favorisant la vente. A titre d’exemple, la tendance à végétaliser les abords est bien acquise aujourd’hui et permet une intégration remarquable du bâti dans le paysage urbain. Hélas, le caractère durable de ces abords végétaux est rarement pris en considération et est, de ce fait, souvent négligé.
Il faut savoir que ce qui donne le caractère durable est l’harmonisation des 3 axes suivants : écologique, social et économique.
Dans la plantation des abords, l’aspect écologique est souvent la première réussite ; simplement par l’apport d’une végétation dans un lieu où son absence était effective. Vous pourrez aisément améliorer cet axe en jouant avec la richesse de la biodiversité et notamment en favorisant les plantes mellifères.
Ensuite, l’aspect social arrive naturellement avec cette végétation qui offre un nouveau lieu de vie. De plus, le végétal adoucira le caractère austère du béton et de la pierre, même avec une présence restreinte.
Lorsque ces deux premiers axes fusionnent, ils donneront le caractère vivable au quartier. Ils créeront une zone de transition entre le nouveau projet et le quartier existant, et ils amélioreront le cadre de vie ; ce qui constituera déjà une belle avancée.
Enfin, l’aspect économique doit être calculé sur le coût de conception et en englobant parfois 3 à 5 années d’entretien de ces nouveaux espaces.
Malheureusement, dans de nombreux cas, l’aspect économique n’est pris en compte que pour une durée limitée, souvent inférieure à la garantie décennale. Par conséquent, dans ces conditions, le projet ne peut être durable.
Heureusement, le durable est facilement réalisable. En effet, avec un petit délai d’observation et de réflexion, vous réduirez considérablement l’aspect économique de la partie verte du projet.
Voici quelques pistes :
- Considérez que l’arbre n’a pas besoin de l’homme pour vivre et que toutes les actions anthropiques risquent de raccourcir significativement sa longévité.
- La fosse de plantation est la base de l’ancrage et la base nourricière de l’arbre (prenez comme référence le Cahier des Clauses Techniques Générales n°35 – CCTG 35). Déposez-y une terre horticole amendée. Abandonnez les fosses ridicules constituées de bordures, de contre-buttées et d’un fond en stabilisé, car votre arbre n’aura que deux possibilités : vivoter et mourir ou détruire la voirie pour se développer.
- Plantez le bon arbre au bon endroit ! Vous éviterez ainsi des tailles drastiques, onéreuses et dangereuses tant pour l’arbre que pour les passants circulant sous ses repousses.
- Concevez des projets demandant un entretien minimal.
La conclusion est simple : pour réussir durablement, il faut penser à très long terme. Avec la richesse de la biodiversité horticole dont nous disposons, il est aisé de créer du beau, facile d’entretien et pas cher !
Jouez avec la diversité des essences et communiquer l’envie d’oser créer aux personnes qui admireront vos réussites !
A vous…
Article de Bernard Blareau